Eloge de Royan

Publié le par TSF36

Royan était jadis une magnifique station balnéaire, avec de grands hôtels majestueux, de belles villas de style Napoléon III, art nouveau, art déco. Et puis un triste jour de janvier 1945, afin de libérer Royan des occupants,  les alliés déversèrent des tonnes de bombes sur la ville qui fut détruite à 80 %. Ces bombardements ne servirent à rien et on reconnut bientôt que c’était une erreur. Ben oui, l’erreur est humaine ! Une intéressante exposition au Musée de Royan est consacrée à cette lamentable tragédie.

Cela valut à Royan d’être presque entièrement reconstruite au début des années 1950 en s’inspirant de l’architecture moderniste de l’époque. On peut aimer ou pas le style cubiste et le béton, mais il faut reconnaître que Royan est une ville unique en son genre. Le monument emblématique est l’église Notre Dame, vaste vaisseau de béton brut  qui domine la ville. Certes, ça a de la gueule, mais hélas il est actuellement impossible de la visiter car elle est en cours de consolidation. Le béton, ça vieillit très mal, d’autant plus que la construction s’est faite à la hâte et à l’économie et il y aura un sacré boulot pour la conserver en état.

J’ai bien aimé les villas du plus pur style 50 de forme épurée, peintes en jaune canari ou bleu ciel, avec escaliers apparents en spirale. Un dépouillement qui ne manque pas de charme.

Les halles sont chouettes aussi, avec leur dôme en forme de coquille stylisée.

J’ai nettement moins aimé le Front de Mer, avec ses arcades où pullulent les magasins pour touristes et les restaurants de malbouffe. Mais il faut reconnaître que ce grand ensemble monumental a une courbe élégante face à la plage.

Il reste néanmoins un certain nombre de villas d’avant guerre, du style de celles qu’on peut voir à Dinard avec des toits pointus et des clochetons. Certaines sont très belles et méritent de lever le nez.

De Royan à Saint Palais sur Mer il n’y a que quelques encâblures et il serait dommage de ne point s’y rendre. Le sentier des douaniers longeant l’estuaire de la Gironde est une promenade magnifique qui permet d’admirer une côte aux rochers étranges (dont le fameux pont du diable) et de voir un certain nombre de carrelets (grandes épuisettes perfectionnées surplombant la mer). Et, cerise sur le gâteau, on voit au loin le célèbre Phare de Cordouan, le plus ancien des phares français…

Royan, la ville la plus fifties de France.

Publié dans Pays lointains

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

DUSZKA 23/07/2016 15:15

je ne reconnaîtrais pas grand chose, si ce n'est justement une de ces villas 1930 que nous avions louée en famille nombreuse et... partage de la location entre membres de la smala, mais nous étions si bien à fureter dans ces vieilles pierres charmantes. Oui, c'est plus que con la guerre... y compris avec les "alliés" !

TSF36 24/07/2016 15:42

Il y a encore beaucoup de villas d'avant guerre à Royan. Nos chers alliés n'ont pas réussi à tout détruire !

boulet claude 19/07/2016 19:08

Contrairement à ce qu' annonce le site , la lamentable destruction de Royan en janvier 1945 est donc bien une mauvaise nouvelle , mais contre laquelle on ne peut plus rien !