Exil d'un jour à l'Ile aux Moines

Publié le par TSF36

Le Golfe du Morbihan a une forme extrêmement compliquée. Non seulement il est terriblement biscornu, mais en plus il est parsemé d’une multitude d’îles, d’îlots et de rochers, rendant impossible l’estimation de la longueur se sa côte. La Bretagne est vraiment un pays bizarre et seuls des gens aussi bizarres que les Bretons pouvaient l’habiter !

La plus grande des îles du golfe est l’île aux Moines, ainsi nommée parce qu’il n’y a pas le moindre moine ni le moindre monastère sur son sol. Elle a le grand avantage d’être facilement accessible puisque la traversée pour y aller ne dure que 5 minutes et ne coûte qu’une pincée de roupies bretonnes. L’Avocette est le nom du petit bateau qui fait la navette toutes les demi-heures de 8 heures du matin à 8 heures du soir. Il y a donc peu de risques de rester exilé. Peu de risque non plus de se perdre, vu que l’île fait 7 kilomètres de long sur 4 kilomètres de large et que les chemins sont bien balisés. Mais malgré sa proximité du continent, c’est une île véritable avec tout ce que cela implique : pas ou très peu de véhicules à moteur (à part trois autos et quatre mobylettes), et donc une atmosphère douce et paisible, hors du temps quand on a la chance d’y séjourner avant l’arrivée des hordes estivales.
C’est un vrai bonheur que d’explorer les ruelles et les venelles du bourg où chaque détour réserve un nouvel émerveillement.   Ici une maisonnette à toit de chaume noyée dans des buissons d’hortensias et d'agapanthes. Plus loin un mur couvert de jasmin aux effluves capiteux. Là-bas, un groupe de palmiers dominant une villa toute blanche aux volets bleus. Puis, on tombe (sans se faire mal) sur une jolie église propre et nette, avec de jolies mosaïques à l’intérieur.
Si l’on s’aventure dans d’autres coins de l’île, on trouvera de nombreuses curiosités, quelques fontaines, quelques calvaires et quelques mégalithes, dont un curieux menhir surnommé « le Moine », le seul moine présent sur l’île éponyme !
Et partout de charmants sentiers traversant l’île ou longeant la côte laissant découvrir des parcs à huîtres et de minuscules plages à l’ombre de grands pins maritimes.

C’est donc à l’instar de Batz et Bréhat, une île paradisiaque où tout n’est qu’ordre et beauté, luxe calme et volupté …

 Il est vrai qu’il n’y a pas beaucoup de pauvres sur cette île habitée uniquement par des riches. Et on n’ose même pas envisager le prix de l’immobilier.

Les pauvres touristes peuvent juste s’offrir une journée de rêve sur l’île et les moins pauvres d’entre eux peuvent s’offrir le luxe raisonnable d'un repas au restaurant l’Asphodèle dans le cadre enchanteur  d’un jardin fleuri, sur des tables coquettes à l’ombre de grands arbres.
Il y a même, dans ce jardin extraordinaire un arbre à vœux où l’on peut accrocher un vœu, profond ou futile. Ce qui fut fait …

Exil d'un jour sur l'Ile aux Moines

Publié dans Pays lointains, Botanique

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sittelle 06/07/2015 14:57

Ah nos pauvres Bretons aux bonnets rouges !

Daniel 05/07/2015 08:46

Merci pour ce bref survol de cette ile que j'ai eu le plaisir de connaitre il y a une soixantaine d'années. Un ami breton pur beurre y habitait une petite maison dans le bourg, avec sa mère (veuve) et ses grands-parents maternels. Le pépé, ce n'était pas n'importe qui. Agé de plus de 90 ans, c'était un derniers cap-horniers. Le cheveu noir et l'oeil vif, il nous enchantait avec ses souvenirs sur la dure vie de marin.
Il n'y avait pas encore de riches propriétaires sur l'ile et les maisons était simples et accueillantes. Et puis il y avait le bar-épicerie, quincaillerie au centre du village, lieu de convergence des vieux iliens en mal de contacts humains.
Au jour d'hui, c'est un autre monde ..........