Escale sur une île champenoise

Publié le par TSF36

Jadis, du temps de George Sand, la Champagne Berrichonne était un plateau calcaire peuplé de nombreux moutons et de quelques berrichons.

Maintenant c’est une plaine monotone aux horizons lointains et rectilignes, étalant à l’infini ses champs de blé, de colza et de tournesol. Des paysages désolés, mais fécondés par les engrais chimiques et moissonnés chaque année par des monstres mécaniques. Seules les éoliennes tournant au gré des vents donnent un peu de gaité à cette désolation agricole.

Dans cet océan hostile à la biodiversité, il reste cependant quelques îlots où la nature fait de la résistance. C’est le cas de Saint Georges sur Arnon, petit village situé à quelques encablures d’Issoudun. Un petit village sans aucune particularité, avec son église, son monument aux morts, sa mairie, son fleurissement récompensé par un prix au concours des villages fleuris, et surtout son dragon statufié confirmant que Saint Georges est jadis venu dans le coin (ou pas).

Mais l’attrait principal du lieu, c’est l’existence de deux espaces naturels ayant échappé à l’agriculture industrielle : le marais tourbeux de la Presle, près de l'Arnon, et une côte calcaire très pentue, vestige des pelouses sèches qui constituaient jadis une grande partie de la Champagne. Ces deux milieux naturels recèlent une étonnante biodiversité qu’on serait loin de soupçonner quand on traverse la Champagne par la route nationale. Ils figurent d'ailleurs dans la liste des espaces naturels sensibles.

Du haut de la côte calcaire, aride et peuplée d’orchidées et de genèvriers,  se révèle un panorama à couper le souffle sur la rivière, sur le marais tourbeux avec ses saules, ses peupliers et autres espèces végétales à découvrir. Un sentier de randonnée permet de faire le tour de ce site étonnant dont peu de berrichons connaissent l’existence.

A Saint Georges, il y a aussi un plan d’eau artificiel près duquel se sont construits des petits chalets qui doivent faire le bonheur de leurs occupants, des gens modestes sans doute qui, n’ayant pas les moyens de se faire construire une somptueuse villa en bord de mer, ont opté pour un cabanon au bord du plan d’eau qui suffit amplement à leur bonheur.

C’est ici le paradis des pêcheurs dès le retour des beaux jours. Il y a même une guinguette pour s’abreuver après la périlleuse exploration de la tourbière et la rude ascension du coteau calcaire !

Saint Georges est une île verdoyante dans l’océan céréalier.

Mais c’est un lieu secret, ignoré des touristes, réservé aux initiés, et donc à ne pas divulguer. 

Saint-Georges-sur-Arnon (36)
Saint-Georges-sur-Arnon (36)
Saint-Georges-sur-Arnon (36)
Saint-Georges-sur-Arnon (36)
Saint-Georges-sur-Arnon (36)

Saint-Georges-sur-Arnon (36)

Publié dans Berrichonnitude, Botanique

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DUSZKA 11/06/2015 08:26

Les petits paradis sont, et c'est heureux, des abris de petits bonheurs de gens modestes aux grandes joies, loin des palaces : à préserver à tout prix. bonne journée à l'ombre... gare aux orages.

TSF36 13/06/2015 20:10

J'ai vu qu'un certain nombre de ces chalets étaient à vendre. Si ça vous dit ... !