Un dilemme insoutenable

Publié le par TSF36

Contrairement à une idée reçue, le recours à la boîte de sardine n’est pas un pis aller quand on n’a rien d’autre à se mettre sous la dent ou quand on a la flemme de faire de la cuisine. Non, on ne se rabat jamais sur les sardines faute d’inspiration. Car c’est un produit d’exception, un sommet de la gastronomie qu’on se réserve pour les jours exceptionnels. On ne se rabat pas sur une boîte de sardines, c’est la sardine qui nous élève…

Surtout quand il s’agit de véritables sardines de Bretagne pêchées et mises en boîtes dans ce beau pays.

C’est ainsi qu’en ce premier jour d’Avril, je me trouvai confronté à un terrible dilemme en trouvant non pas une, mais deux boîtes de sardines dans mon garde-manger. Sur laquelle allais-je jeter mon dévolu ?

D’un côté, il y avait une boîte de marque « La pointe de Penmarc’h, maison fondée en 1920 » portant la description « Sardines à l’ancienne à l’huile d’olive préparées en Bretagne ». Le graphisme, dans les tons pastels de style ancien, confirmait bien le caractère local et traditionnel par la présence de deux authentiques bigoudènes, à gauche, dont les hautes coiffes arrivaient – par effet de la perspective - à la même hauteur que le phare représenté à droite.

L’autre boîte de marque « Le phare d’Eckmühl » renchérissait sur la précédente en vantant des « Sardines de Bretagne à l’huile d’olive et au citron issus de l’agriculture bio, préparées à l’ancienne ». Elle certifiait même que ces sardines provenaient de la « pêche durable » et qu’elles étaient riches en Oméga 3. Certes c’était des arguments de poids, mais par contre le graphisme aux couleurs criardes, représentant le même phare que la précédente, faisait beaucoup plus moderne, contredisant un peu le côté « à l’ancienne ».

Il était certain que la première boîte reflétait beaucoup mieux la tradition et l’authenticité du produit mais par contre laissait planer un doute sur les conditions de pêche des sardines. Provenaient-elles de la  pêche durable respectueuse de l’environnement ou bien d’une pêche industrielle effrénée ?

Il y avait du pour et du contre, et réciproquement, dans les promesses respectives de ces deux boîtes et préférer l’une ou l’autre relevait d’une grave problématique que je devais solutionner.

La différence la plus flagrante était néanmoins le fait que sur la première, le graphisme était sur le fond de la boîte et sur le couvercle pour la seconde. Dans les deux cas, l’ouverture se faisait facilement par une tirette. Saluons au passage l’invention de la tirette qui a affranchi l’humanité de la clé à sardine qu’on n’a jamais sous la main et dont l’usage était à la fois périlleux et salissant.

Bref, c’est bien la malédiction de notre société d’abondance de se voir en permanence confronté à des dilemmes aussi insoutenables. Alors, comment trancher dans ce cas précis ? Quand on ne peut se résoudre au choix dans le produit, il reste heureusement le choix dans la date.

La première affichait une DLC de 2019, tandis que la deuxième n’affichait que 2018. Bien que ces dates de péremption me parussent infiniment éloignées, il fallait bien que je tranchasse, que je me décidasse et que j’optasse....

 

 

Et ce furent donc les sardines du Phare d’Eckmühl qui firent mon délice en ce premier jour d’avril 2015.

Un choix cornélien ...

Un choix cornélien ...

Publié dans Philosophie, Gastronomie

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sittelle 05/04/2015 14:58

Considérant les poids nets égouttés, ce fut une p'tite faim pour ce poisson d'avril !
Il faut retourner régulièrement les boites de sardines dans les placards, au frais et à l'ombre, pendant 8 ans;
d'après un conseil de France Inter - d'avant la grève !

Patricia 02/04/2015 09:19

Sur les sardines en boîte, j'ai tranché. Je ne mange que les sardines à l'huile d'olive et au citron de la Belle Iloise.